30 août 2021

Le Congo renoue avec le Fonds monétaire international

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Alors qu’en 2015 la RDC avait rompu ses accords avec le Fonds monétaire international,  Kinshasa est à  nouveau « entré en programme » avec les institutions de Bretton Woods, le FMI et la Banque Mondiale, dont le premier décaissement s’élèvera à 1,5  milliard de dollars. Ce montant devrait permettre entre autres de renforcer les réserves de la Banque centrale du Congo, de soutenir la balance  commerciale et de stopper la dévaluation constante du franc congolais.

La rupture entre la RDC et ses partenaires internationaux avait  été provoquée par des différends croissants entre ces derniers et le pouvoir de Joseph Kabila.  A l’époque, Albert Yuma, patron de la  Gecamines, à la tête de la FEC  (Fédération des entreprises du Congo) se montrait très critique à l’égard des institutions internationales et des Occidentaux qui, au sortir des deux guerres du Congo, avaient poussé le pays à libéraliser le secteur minier. Albert Yuma assurait en 2021 que,  que depuis 2006, la RDC avait perdu l’équivalent de 6, 5 milliards de dollars, produisant et exportant 40 millions de tonnes de cuivre, 4,5 tonnes de cobalt et 4,3 millions de tonnes de zinc. 

De leur côté, les Occidentaux s’étaient inquiétés de l’opacité des contrats passés avec la Chine qui avait littéralement mis la main sur le cobalt dont le Congo est l’un des premiers producteurs mondiaux,  tandis que se multipliaient les rapports révélant la corruption des dirigeants.  La dernière révélation, publiée par l’agence Bloomberg,  émane des procureurs britanniques qui ont déclaré aux autorités suisses  qu’ils détenaient la preuve de l’existence d’un réseau présumé de blanchiment d’argent. Sur  une période de cinq ans il  aurait  permis le détournement, sous forme de pots de vin, de 379 millions de dollars, une somme qui dépasse largement les dépenses du Congo dans le domaine des soins de santé.  Le Serious Fraud Office  britannique  a  déclaré aux autorités suisses que des individus et entités  au Congo, à Gibraltar, au Royaume uni et en Suisse  auraient été » impliqués  dans un réseau de blanchiment d’argent entre 2006 et 2001. L’agence Bloomberg  précise qu’à l’origine des pots de vin se trouverait un certain « C »  qui pourrait être Dan Gertler,  le milliardaire israélien actif au Congo et placé sous sanctions par les Etats Unis.  

Les autorités actuelles espèrent que, ayant renoué avec les institutions de Bretton Woods, elles  seront soutenues dans la lutte contre la corruption que mène actuellement l’IGF, l’inspection générale des finances, de plus en plus redoutée et qu’elles pourront réviser les contrats passés avec les Chinois. « Nous avons besoin de transparence » insiste André Wameso, le conseiller économique du président  «  il ne s’agît pas de se fâcher avec les Chinois, mais de voir clair dans tous les contrats miniers et, s’il le faut, de les renégocier… » Avec l’aide des institutions internationales…