30 août 2021

Décédé à Boma, à 92 ans, le Docteur Courtejoie a donné sa vie au Congo

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Le Docteur Jacques Courtejoie est décédé à l’âge de 92 ans, comme il avait vécu, dans la simplicité,  entouré du respect de toute la population du Bas Congo et son inhumation dans le modeste cimetière des prêtres de Kangu a été accompagnée d’hommages venus de partout. Arrivé au Congo en 1959 avec le titre d’expert de l’Organisation mondiale de la santé,  le médecin originaire de Stavelot n’a jamais voulu quitter un  pays qui était devenu sa patrie d’adoption.

Jacques Courtejoie en effet aura profondément marqué le Bas Congo,tout comme  la pratique de la médecine.  Au lendemain de l’indépendance, en 1961, tournant le dos à une vie d’expert international, il s’installe à Kangu et devient médecin chef de l’hôpital local qui est alors l’un des plus modernes du pays.  En 1964, ayant soigné des membres de la famille Kasa-Vubu,  il rencontre celui qui fut le premier président du Congo et ce dernier  le prie instamment  de ne pas quitter un milieu où il y a tant à faire.  Soutenu par la coopération belge, recevant de nombreuses visites, Jacques Courtejoie voit s’étendre sa notoriété, mais surtout son charisme auprès des populations congolaises. Attentif aux plus humbles, ne délaissant jamais personne, il acquiert très vite la réputation de faire des miracles, ce qu’il démentait  avec fermeté. Car son secret était bien plus simple que la magie qu’on lui prêtait :  elle résidait dans des pratiques peu coûteuses comme le souci de l‘hygiène, de la prévention. Pour lui,  la santé était l’affaire de tous et non des seuls spécialistes. Expert en vulgarisation il s’installa  à Nsioni, toujours dans le Bas Congo, et la réputation du « camp Courtejoie » s’étendit bien au-delà de la province.  Non content de soigner,  il attachait beaucoup d’importance à la médecine de base, aux pratiques communautaires.  Il fut l’auteur de très nombreuses publications ( 1, 7 millions d’exemplaires !) peu coûteuses et rédigées avec clarté et simplicité, des publications qui allaient vulgariser la notion de soins de santé primaires et sensibiliser chacun sur ses propres responsabilités. Les livres et les manuels de Jacques Courtejoie, destinés au grand public mais aussi au personnel médical sont distribués à travers tout le Congo et aussi dans les pays voisins et la réputation de son Centre pour la promotion de la santé, qui propose des outils simples, adaptés au contexte culturel local, s’est étendue à tout le pays.  Scientifique, médecin des pauvres, vulgarisateur de talent,  Jacques Courtejoie laisse surtout le souvenir d’un homme qui a donné sa vie au Congo, le pays qu’il aimait.